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5 septembre 2017

[PRESSE] Des étudiants infirmiers témoignent de leur rencontre avec nos adhérents du GEM de l’Aigle – Revue Santé Mentale – Août 2017

Il y a quelques semaines, nos adhérents du GEM – Groupe d’Entraide Mutuelle (établissement de l’Association Lehugeur-Lelièvre) de l’Aigle, ont eu le plaisir de rencontrer des étudiantes en soins infirmiers afin de partager ensemble et d’échanger sur les représentations des troubles psychiques. Voici le récit de cette belle rencontre écrit par les étudiantes de l’IFSI de l’Aigle :

« Dans le cadre des unités d’en-seignement optionnelles à effectuer en 3e année de formation en soins infirmiers, nous avons choisi d’approfondir nos connaissances en psychiatrie. Notre projet n’était pas de creuser les aspects dia-gnostiques ou thérapeutiques mais de nous centrer sur le vécu des patients. Bien entendu, nous avions eu des cours sur les différentes pathologies. Certains d’entre nous avaient effectué leur stage en psychiatrie, d’autres possédaient déjà une expérience professionnelle en santé men-tale. Toutefois il nous manquait quelque chose : un récit incarné des troubles, une compréhension de la maladie mentale et des soins proposés de l’intérieur. C’est dans cet esprit que nous avons contacté un groupe d’entraide mutuelle (GEM).

ON EST ACCEPTÉ COMME ON EST

Situé à L’Aigle (Orne), ce GEM fait partie de la branche d’activités sociales de l’Association Lehugeur-Lelièvre. Il accueille 50 adhérents (ni « patients » ni « usagers » de la psychiatrie), qui participent pleinement à l’animation et la gestion de la structure. Cela a été pour nous une première découverte. Si notre formation met l’accent sur le dévelop-pement de l’autonomie, l’adhésion aux soins, la participation au projet, nous avons pris conscience que ces individus souffrant ou ayant souffert de troubles psychiques peuvent se prendre en charge collectivement.

Ce GEM accueille des personnes porteuses de handicap psychique, stabilisées ou non et propose des activités culturelles et de loisirs. Le but est de rompre l’isolement, de créer un lien social et de permettre à chacun de trouver sa place dans la société avec ses troubles. Des témoi-gnages nous ont révélé l’intérêt de ces associations : « Le GEM est un antidé-presseur », « C’est une bonne raison de se lever le matin », « On est accepté comme on est », « Heureusement que la structure existe », « Si le GEM n’était pas là, je ne serais plus là ». Nous avons alors réalisé deux choses :

– notre formation, très « hospitalocen-trée », ne nous permet pas de perce-voir que l’aide, l’accompagnement, le prendre soin ne sont pas l’exclusivité des soignants ;
– si nous avions abordé théoriquement le repli social comme un symptôme, nous n’en avions pas perçu la dimension intime : la solitude.

En tant que futurs infirmiers, nous venions rencontrer des patients. Nous avons en fait été accueillis par une dizaine d’adhérents, agissant par et pour eux-mêmes. Les récits étaient puissants, parfois enjoués, parfois poignants, sans exhibition ni fausse pudeur. Là encore nous avons appris. Ces personnes ana-lysent et partagent leur vécu, malgré une conscience des troubles parfois altérée. La maladie mentale s’est tout à coup personnifiée et a pris corps, nommée non par son entité pathologique mais incarnée par la personne en face de nous.

L’ÉTIQUETTE « PATIENT PSY »

L’occasion était trop belle et nous avons sollicité nos hôtes pour qu’ils nous expliquent ce qu’ils attendent d’une infir-mière. Loin des discours théoriques, nous avons découvert que leurs attentes ne sont pas nombreuses, ni même compliquées : « De l’écoute », « De la gentillesse », « De la compréhension ». Cette demande de considération paraît une évidence, mais là encore, les témoignages nous ont fait comprendre de façon sensible que la relation thérapeutique commence par ces préalables, ces « petits riens »…

Les adhérents nous ont confié deux mis-sions : faire vivre leurs témoignages et faire évoluer « la représentation sociale des pathologies psychiatriques ». Leurs ressentis nous ont fait percevoir le poids de l’étiquette « patient psychiatrique » qui engendre souffrance et solitude. Cet article est une contribution à cet enga-gement auprès des adhérents du GEM de L’Aigle et un remerciement pour tous les apprentissages qu’ils nous ont permis de faire. »

L’article est également visible dans la revue « Santé mentale » d’Août 2017 (page 12) ou sur le site Internet www.santementale.fr en cliquant sur le lien suivant : téléchargement article.

Merci à Caroline BOUTEL, Virginie LOUVEAU, Margot HAZO, Silène NICOLAS, Jennifer MATHIEU, Margot MONTEBRUN, Lucie BELLEMARE, Emeline LECORPS, Elodie BENOIST et Christiane DEHAIL, étudiantes en Licence 3 à l’Institut de Formation en Soins Infirmiers (I.F.S.I.) de l’Aigle, pour ce moment de partage et ce très bel article paru dans la revue Santé Mentale.

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